L'état ultime de la connaissance | Kabbalah Centre France

L'état ultime de la connaissance

Nous apprenons dans le Talmud Eser HaSefirot (Dix émanations lumineuses) qu'il existe dix Sefirot, et cinq mondes, et que chacun de ces mondes contient cinq mondes et que chaque sefira comporte dix sefirot. Le Rav Ashlag dit que cela continue sans cesse; dans chaque monde, il y a une quantité infinie de mondes et dans chacun de ces mondes, il y a une quantité infinie d’autres mondes, et ainsi de suite. Alors, pourquoi le Créateur a-t-il créé les mondes de cette manière? Pourquoi existe-t-il littéralement une quantité infinie de mondes?

 

Il dit, et le Ramchal le cite également, que l'état de connaissance ultime est de comprendre que nous ne savons vraiment rien, que peu importe ce que nous avons appris jusqu'à présent, peu importe ce que nous comprenons jusqu'à présent, ce n’est vraiment rien comparé à la compréhension ultime. Et la seule manière dont notre travail spirituel révèle réellement la Lumière est si, avec tout le travail que nous faisons ici, il y a une diminution de nous-mêmes.

 

Ainsi, le Arvei Nachal utilise un exemple du Maggid de Mezeritch, qui explique comment la végétation se développe. La lumière de la croissance existe sur toute la terre; Cependant, il faut que cette lumière diminue pour qu'elle se manifeste dans la végétation. Toute cette lumière doit être réunie en un point, puis un arbre peut sortir. Nous pensons qu'un arbre grandit quand nous prenons une graine et la plaçons dans le sol, mais le Maggid de Mezeritch nous dit que ce n'est pas le cas. La vérité est, nous dit-il, que la terre a partout la capacité de faire des arbres, mais que la lumière de la terre doit diminuer en un point spécifique, et ça c'est le germe. Ensuite, il prend toute la puissance de croissance de toute la terre qui l’entoure et grandit.

 

Mais nous savons qu'il ne suffit pas de mettre une graine dans le sol. Si la graine n'est pas ouverte ou détériorée, aucun arbre ne peut en pousser. Si la coquille autour de la graine reste forte, la graine ne pourra jamais puiser dans le pouvoir spirituel de croissance que possède la terre. Ainsi, tout d'abord, la coquille autour de la graine doit être brisée, puis la graine peut puiser dans la Lumière qui l'entoure, dans la terre. La terre a ce pouvoir de croissance, la graine a le pouvoir de tirer cette Lumière et de créer un arbre, mais tant que la coquille reste autour de la graine, rien ne peut arriver.

 

Et la même chose est vraie avec nous; tout le travail spirituel que nous faisons peut être comparé à la lumière de croissance qui existe sur la terre. Il doit y avoir une cassure de notre coquille avant que toute lumière ne soit révélée. Par conséquent, après tout travail spirituel que nous accomplissons, nous devons prendre conscience du fait que nous n’avons même rien fait. Bien sûr, ce n’est pas que nous n’ayons littéralement rien fait; il est important de comprendre la différence. Il y a une personne qui n'a vraiment rien fait, et, il y a une personne qui fait son travail spirituel et grandit, mais en se connectant au monde spirituel, on voit que, par rapport à l'endroit où il doit être, elle n'a rien fait.

 

 

Cela ressemble à la parabole du Rav Ashlag sur le ver à l’intérieur de la pomme pourrie. Le ver pense que sa vie est si sombre et pourrie, mais alors qu’il grignote un peu plus, il traverse les couches et commence à voir la lumière, jusqu'à ce qu'il atteigne la peau finale de la pomme et qu'il voie le grand monde autour de lui, réalisant que la vie n’est pas si sombre ni pourrie. C'est le même processus que nous devons suivre constamment dans notre travail spirituel. Si nous accomplissons correctement notre travail spirituel, cela signifie que nous allons d’un niveau à l’autre et que, lorsque nous passons au niveau suivant, nous examinons ce que nous avons accompli et constatons que c’est si peu.

 

Imaginez-vous escalader une montagne sur laquelle, chaque fois que nous atteignons un niveau, nous ne voyons toujours pas le sommet, mais nous savons qu'il est là. Nous montons donc à 30 mètres et voyons le prochain niveau où nous devons monter et gravir ce niveau, et ainsi de suite. Si nous faisons notre travail spirituel correctement, c'est ce que nous allons voir tout le temps dans nos vies. Ainsi, lorsque le Ramchal parle de l’idée que l’état ultime de la connaissance est d’être en train de comprendre que nous ne savons vraiment rien, cela ne signifie pas que nous n’étudions pas et que nous ne savons pas, littéralement; cela signifie qu'une personne qui fait un travail spirituel doit se rendre compte qu'elle n'a rien fait par rapport à l'endroit où elle doit être.

 

Comme nous l'avons dit, chaque sefira contient dix Sefirot, et chacune de celles-ci en contiennent dix autres, et ainsi de suite. Pourquoi? Parce que maintenant nous comprenons que chaque partie du travail spirituel que nous accomplissons nous conduit d'un endroit à un autre; quand une personne s'élève spirituellement, elle passe d'une sefira à l'autre sefira, d'un monde à l'autre. Et si nous accomplissons notre travail spirituel, regardant le niveau suivant et combien nous devons toujours aller plus loin, nous regardons en arrière et disons: «Je n’ai vraiment rien fait comparé à ce que je dois faire», si c’est notre pensée constante et que nous sommes constamment à regarder la grande distance qui nous attend, cela signifie que nous grandissons spirituellement.

 

Par Michael Berg